Une équipe de vélotaffeurs qui monte, qui monte…

Plus qu’une semaine avant le début du Challenge Au Boulot à Vélo ! Prêts à faire flamber les compteurs kilométriques ? En attendant le jour J, nous vous proposons de découvrir une nouvelle équipe de compétiteurs. Rendez-vous en plein centre de Strasbourg, place de la gare, au siège du Crédit Agricole Alsace Vosges. Depuis ces trois dernières années, l’entreprise n’a eu de cesse d’augmenter sa performance lors du Challenge, passant de 685 km parcourus en 2015 à près de 3.800 km en 2017. Une belle remontée, qui leur a permis de se classer 6ème à l’issue de la dernière édition ! Réussiront-ils à faire mieux ? En tout cas, ils sont bien partis…

C’est en pédalant, que l’on devient cycliste !

Cela fait trois ans maintenant que Lorrene organise le Challenge Au Boulot à Vélo au sein du Crédit Agricole Alsace Vosges. Elle nous raconte, qu’après des débuts timides, le nombre de vélotaffeurs a bien progressé : « Sur le site, il y a un peu plus de 300 collaborateurs. L’année dernière, ce sont près de 60 qui ont participé au Challenge. C’est un chiffre en hausse depuis ces dernières années. On a commencé il y a trois ans avec dix collaborateurs, donc on revient de loin ! A force d’insister, de communiquer et avec le bouche-à-oreille, les choses commencent à bouger. » Comme l’explique Lorrene, tout commence en amont du Challenge avec une campagne de communication en interne : animation contrôle technique et marquage des vélos, mails de relance, affiches, articles dans la Newsletter, distribution de goodies… Puis vient le Challenge en lui-même : « Pendant les deux semaines de la compétition, il y a une belle émulation entre collègues : qui va faire le plus de kilomètres ? qui va être le plus original ? Ça se tire un peu la bourre parfois, mais ça crée vraiment une bonne ambiance ! Après, il y a aussi les animations proposées par le Challenge : les goodies, les photos, les selfies… L’année dernière, notre équipe a fait une photo de groupe pour gagner des points. Tout le monde a joué le jeu avec plaisir ! »

Lorrene l’avoue elle-même : « Je ne suis pas une courageuse à la base, encore moins une sportive ! » Et pourtant, le vélo a peu à peu pris sa place dans le quotidien de la jeune femme : « J’habite Lingolsheim, à environ 6 km de mon travail. J’essaie de venir à vélo le plus souvent possible et c’est vrai que la démarche du Challenge m’a mis le pied à la pédale. Et puis, je ne peux pas coordonner l’organisation de l’évènement sans faire moi-même du vélo ! Ce serait mal venu. Au fur et à mesure, c’est devenu une pratique plus régulière, même si je ne viens pas tous les jours. C’est vrai que j’ai le confort d’avoir un accès direct à mon travail avec le tramway, donc je profite aussi de mon abonnement CTS. J’ai plusieurs solutions, donc je les utilise toutes ! Par contre, hors de question de prendre la voiture : se taper la route de Schirmeck, m’énerver pour trouver une place de stationnement, non merci ! »

Le Challenge est un évènement auquel Lorrene tient beaucoup. Elle est convaincue qu’il est important de promouvoir la pratique du vélo, pour limiter l’utilisation de la voiture : « Le Challenge peut être un vrai déclic pour certains ! Il y a ceux qui prennent part à l’évènement, puis viennent de manière plus irrégulière au cours de l’année, mais aussi ceux qui ont adopté la pratique du vélo à la suite du Challenge. Quand des collègues qui n’ont pas l’habitude de faire du vélo viennent pour la première fois, ils se rendent compte qu’il y a les pistes cyclables, que le coin est vraiment chouette, qu’on peut longer le canal, qu’on ne met finalement pas plus de temps en voiture… » Elle poursuit : «  Les collaborateurs ont aussi plus tendance à privilégier l’utilisation du vélo lorsqu’ils ont des rendez-vous dans les différentes agences de l’Eurométropole, ou une course à faire entre midi et deux. L’évènement permet aussi de développer des actions tout autour du vélo. Récemment, un local douche a été mis en place : cela va permettre aux cyclistes de se changer en arrivant au bureau. »

Claudine à vélo

Notre passage au Crédit Agricole Alsace Vosges est l’occasion de faire connaissance avec Claudine et Gérard, deux participants assidus du Challenge, qui ont accepté de nous faire partager leur expérience de vélotaffeurs.

Claudine habite dans le quartier de Neudorf, à 4-5 km du bureau. Pour elle, le vélo, c’est tous les jours, toute l’année, sauf quand il pleut des cordes ! Un petit bonheur quotidien dont elle ne pourrait plus se passer : « Je sors du boulot la tête pleine de chiffres… Le temps de rentrer à vélo et je déconnecte totalement ! J’ai besoin de ça. Cet hiver, à un certain moment, mon compagnon avait proposé de me ramener à la maison en voiture, mais pour moi c’est comme une punition ! C’est vraiment un moment de bonheur. Le matin, je traverse le centre-ville, il est sept heures, j’ai l’impression d’avoir la ville à moi. Le soir, pour peu qu’il fasse beau, j’oublie mon chemin :  je passe par Kehl, par le canal de la Bruche… Bref, je profite ! »

Elle poursuit : « Dès que je suis à Strasbourg, je suis à vélo ! J’utilise la monture classique, pour mes petits trajets, lorsque je sais que je vais la laisser accrochée quelque part. Depuis quelques mois, j’ai aussi un vélo électrique, pour faire des balades plus importantes : là, c’est le vélo plaisir ! Pour venir au travail, je prends généralement le vélo standard parce qu’il y a de très fortes chances que je m’arrête pour faire une course ou pour aller au cinéma en soirée. Je ne laisse pas ma monture électrique accrochée en ville car j’ai trop peur de me la faire voler… » C’est d’ailleurs après avoir testé un vélo à assistance électrique, prêté par l’Eurométropole de Strasbourg dans le cadre du Challenge, que Claudine a passé le cap : « L’idée me trottait déjà dans la tête, mais c’est vrai qu’après avoir essayé, j’ai été convaincue ! Il y a maintenant de très bons vélo électriques, pratiques, maniables et avec une belle puissance. J’ai d’ailleurs eu la chance de pouvoir bénéficier d’une subvention de 300 euros de la part du Comité d’Entreprise, plus 250 euros de la part de l’état. 550 euros : ce n’est pas anodin ! »

Un Challenge dans le Challenge

Gérard, lui, est aussi un cycliste régulier, mais il vient d’un peu plus loin : « Moi, j’ai un vélo tout court et je le prends quotidiennement. J’habite Colmar, mais je vous rassure, je ne fais pas Colmar-Strasbourg tous les jours ! Je vais juste de mon domicile à la gare, ce qui fait environ 5 km. Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente ! » Il ajoute : « Je trouve que c’est un moyen de locomotion rapide et, en plus, à la gare, il y a un parking-vélo sécurisé qui marche avec l’abonnement de train. Pour moi, c’est vraiment le moyen le plus rapide. Il y a des jours où c’est un peu difficile – j’ai tout de même 59 ans – mais c’est vrai, qu’une fois au bureau, on ne bouge plus trop, donc un peu d’exercice physique, ça fait du bien ! » Et comment !

Rien de tel qu’un Challenge pour réveiller l’âme de compétiteur qui sommeille chez nos adeptes de la petite reine. L’année dernière, Gérard a réalisé un petit exploit : « Dans le cadre du Challenge, j’ai fait un aller-retour Colmar-Strasbourg avec le vélo électrique qui nous avait été prêté par l’Eurométropole. Le trajet fait environ 75 km. Au départ, ce n’était pas pour marquer des points, mais plutôt un challenge personnel. Un collègue l’avait déjà fait jusqu’à Sélestat sans problème, alors je me suis dit que j’allais tester ! » Mais qui dit Challenge, dit bien sûr péripéties (sinon, ce ne serait pas drôle) : « Je suis donc venu au bureau le matin en train et je suis reparti le soir avec le vélo électrique. Manque de bol, je suis tombé en panne de batterie un peu après Sélestat… J’ai dû faire les 15 derniers kilomètres sans l’assistance électrique. En plus, il pleuvait des cordes : à un moment, j’ai même dû m’arrêter tellement j’étais trempé. Au lieu de trois heures, j’ai mis plus de quatre heures pour rentrer à la maison ! » Gérard poursuit : « J’ai réfléchi toute la nuit pour savoir si je reprenais le vélo pour repartir le lendemain dans l’autre sens… Et puis finalement, j’ai rechargé la batterie à bloc et quand je suis parti, j’ai pris l’assistance intermédiaire. Bon, il a fallu pédaler un peu plus mais le retour s’est bien passé et la batterie a tenu la distance. J’ai mis à peu près trois heures. C’est vraiment bien fait car on longe le canal Rhône-Rhin et on croise très peu les routes. Je dois dire que j’étais vraiment heureux de l’avoir fait, malgré la mésaventure de la veille ! » Et il en faut bien plus pour décourager notre cycliste aventureux : « Cette année, je vais essayer de le faire avec mon vélo normal, sans assistance, et puis on verra bien… On s’est dit qu’on monterait une petite équipe avec les autres collègue qui viennent de Colmar, histoire de ne pas rouler tout seul ! »

Et la suite ?

Comme l’explique Lorrene, la politique RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) se met peu à peu en place : « Elle concerne surtout notre activité propre, c’est-à-dire le métier de la banque et des financements, mais j’organise aussi des actions pour sensibiliser les collaborateurs à cette question. Sur le plan de la mobilité durable, nous participons notamment à la semaine de la mobilité, en plus du Challenge. Ce n’est pas évident de trouver du temps pour ce genre d’actions, mais nous essayons de faire des petites choses tout au long de l’année. L’an prochain, j’aimerais mettre en place des animations en lien avec la sécurité. » Elle poursuit : « Après, c’est compliqué parce qu’on a le siège et toutes les agences, réparties dans la région Grand Est. On n’est pas forcément sur le terrain, donc c’est difficile de sensibiliser tout le monde. Quand je dis aux collaborateurs d’Epinal de prendre le vélo pour venir alors qu’il y a les grèves SNCF, on ne me regarde pas toujours gentiment… La caisse régionale sensibilise les personnes au covoiturage, les moyens de transport alternatifs et aussi l’utilisation de l’audio ou de la visio pendant les réunions pour éviter les déplacements. Depuis l’année dernière, on a aussi mis en place le télétravail. » 

Côté Challenge, Lorrene se réjouit des progrès qui ont été faits : « Nous n’avons pas encore eu de trophées, mais nous montons bien dans les classements. Je suis heureuse qu’il y ait de plus en plus de monde qui participe, que le nombre de kilomètres parcourus augmente et que les collègues fassent l’effort. Certains viennent parfois de loin ! Quand je propose des choses, je suis de plus en plus soutenue : c’est très positif ! » Elle ajoute avec un sourire : « L’année dernière, j’ai quand même réussi à ce que notre directeur général participe au Challenge ! Il utilise régulièrement le vélo pour se rendre au travail. C’est toujours un petit plus ! Ça me réjouit que le Challenge soit suivi au niveau de la direction et qu’ils y soient sensibles. » Gérard confirme : « C’est vrai que Lorrene fait beaucoup de choses, avec peu de moyens. On pourrait faire encore plus si les moyens étaient là. Peut-être que si on arrive à faire bouger les choses plus haut… A notre niveau, c’est difficile de participer financièrement ! » Lorrene ajoute : « On fait avec les moyens du bord, à la MacGyver ! Par contre, chacun peut participer en montrant l’exemple aux autres. C’est déjà une belle aide ! Et puis après, pour le reste, c’est à moi d’être convaincante. Je vais motiver tout le monde pour arriver dans le top 3 ! » Et Claudine conclut : « C’est vrai que vous être nombreux à venir de Colmar, qu’il y a pas mal de sportifs et de gens qui aiment les défis… Gérard, il faut que tu arrives à les motiver ! »

Camarades haut-rhinois, on compte sur vous ! … Et bravo à tous les MacGyver du quotidien qui œuvrent pour la promotion du vélo au sein de leur entreprise !

– – – Merci à Lorrene, Claudine et Gérard pour avoir accepté de répondre à nos questions !

 

Une réflexion sur “ Une équipe de vélotaffeurs qui monte, qui monte… ”

  • 5 juin 2018 à 19 h 59 min
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    C’est vrai qu’aller au travail à vélo, c’est plus rigolo ! On peut avoir la flemme s’il pleut, s’il neige ou s’il fait trop chaud… Mais il faut se mettre en selle et pédaler pour voir que le paysage (y compris paysage urbain) et la sensation de motivation et de bien-être en vaut largement la peine.

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